Bouillie bordelaise et soufre mouillable : dosage, préparation et application pour protéger vos cultures

Il y a deux types de jardiniers. Ceux qui découvrent l’oïdium ou le mildiou quand c’est déjà trop tard, et ceux qui anticipent, qui traitent au bon moment, avec les bons produits, aux bonnes doses. Si vous lisez cet article, vous appartenez probablement à la deuxième catégorie, ou vous venez de rejoindre les rangs de la première après une saison difficile.

La bouillie bordelaise et le soufre mouillable, c’est le duo fongicide de référence dans les jardins depuis des décennies. Deux produits d’origine minérale, autorisés en agriculture biologique, redoutablement efficaces quand ils sont utilisés ensemble et correctement dosés. Mais justement, ce « correctement dosé » est souvent la partie qui coince. Trop peu, ça ne protège pas. Trop, ça brûle les feuilles, pollue le sol et tue les bénéfices qu’on cherchait à obtenir.

Dans ce guide complet, on vous explique tout ce qu’il faut savoir : comment fonctionnent ces deux produits, pourquoi leur association est particulièrement intéressante, comment les doser précisément selon vos cultures, comment préparer le mélange sans se rater, et comment l’appliquer efficacement sur tomates, vigne, rosiers, arbres fruitiers et potager.

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🔵 Bouillie bordelaise
grammes
🟡 Soufre mouillable
grammes
Ordre de préparation
1
Remplissez le bac avec d’eau à température ambiante
2
Incorporez g de bouillie bordelaise en agitant pour éviter les grumeaux
3
Ajoutez le reste d’eau, puis incorporez g de soufre mouillable progressivement
4
Agitez 2 à 3 minutes — suspension homogène légèrement bleutée
5
Utilisez dans la journée — ne pas conserver plus de 24h
📖 Lire le guide complet pour l’application →

Bouillie bordelaise et soufre mouillable : deux produits, deux modes d’action

Avant d’entrer dans les chiffres, comprendre ce que font ces deux produits dans la plante permet de mieux les utiliser. Ce ne sont pas des poisons génériques, ils ont chacun un mécanisme d’action précis.

La bouillie bordelaise : le fongicide historique au cuivre

La bouillie bordelaise est née dans les vignobles bordelais au XIXe siècle, d’une découverte quasi accidentelle du botaniste Alexis Millardet. Ce mélange de sulfate de cuivre et de chaux hydraulique forme une suspension bleutée qui, une fois appliquée sur les végétaux, libère progressivement des ions cuivre au contact de l’humidité.

Ces ions cuivre perturbent les mécanismes enzymatiques des champignons et des oomycètes (qui incluent les agents du mildiou), empêchant la germination des spores et la pénétration dans les tissus végétaux. Son action est essentiellement préventive : elle ne guérit pas une infection déjà établie, elle l’empêche de se développer.

Cultures les plus bénéficiaires : vigne, tomate, pomme de terre, rosiers, arbres fruitiers.

Le soufre mouillable : le spécialiste de l’oïdium

Le soufre mouillable est du soufre élémentaire broyé très finement et additionné d’agents mouillants pour faciliter sa dispersion dans l’eau. Son mode d’action est différent : il agit par contact direct sur les champignons à sporulation externe, en perturbant la respiration cellulaire des spores.

Il est particulièrement redoutable contre l’oïdium (ce feutrage blanc poudreux qui envahit les feuilles en période chaude et sèche), mais aussi contre certaines formes de rouille et d’autres champignons de surface. Son action est rapide mais moins durable que celle du cuivre.

Important à savoir : le soufre ne supporte pas les fortes chaleurs. Au-delà de 30-35 °C, il devient phytotoxique et peut brûler les feuilles. C’est un point critique à garder en tête pour le calendrier de traitement.


Pourquoi les mélanger ? La synergie cuivre-soufre expliquée

Chaque produit pris séparément couvre un spectre de pathogènes. Ensemble, ils se complètent de façon remarquable.

La bouillie bordelaise excelle contre le mildiou, la tavelure, les bacterioses et certaines formes de fonte des semis. Le soufre mouillable cible l’oïdium, terrain sur lequel le cuivre seul est nettement moins efficace. En les associant, on obtient une protection élargie qui couvre la majorité des maladies fongiques courantes dans un potager ou un verger.

Autre avantage non négligeable : en combinant les deux produits, on peut réduire la dose de chacun tout en maintenant une efficacité globale équivalente. C’est bénéfique pour le sol (moins d’accumulation de cuivre, un métal lourd dont les excès sont problématiques à long terme) et pour la microfaune bénéfique.

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. » Ce proverbe africain s’applique étonnamment bien au duo bouillie bordelaise-soufre mouillable.

Le dernier avantage, et non des moindres : l’alternance ou la combinaison de deux modes d’action différents réduit le risque d’apparition de résistances chez les pathogènes. Un champignon peut développer une tolérance à un mécanisme d’action unique, beaucoup plus difficilement à deux mécanismes simultanés.


Le dosage précis : les chiffres à retenir absolument

C’est le coeur du sujet. Voici les dosages de référence, clairs et pratiques.

Dosage de la bouillie bordelaise

SituationConcentration en cuivreQuantité de sulfate de cuivre pour 1 L
Traitement préventif standard0,5 %5 g
Traitement standard polyvalent1 %10 g
Cultures sensibles (vigne, rosiers)0,6 à 0,8 %6 à 8 g
Maximum absolu1 %Ne pas dépasser

Note : les produits bouillie bordelaise vendus en commerce se présentent souvent sous forme de poudre mouillable avec une teneur en cuivre variable (généralement 20 à 50 % de sulfate de cuivre). Lisez toujours l’étiquette pour ajuster vos calculs en conséquence.

Dosage du soufre mouillable

SituationDose pour 1 litre d’eau
Traitement préventif2 à 3 g/L
Forte pression fongique (oïdium déclaré)3 à 4 g/L
Cultures très sensibles2 g/L maximum

Le mélange complet : tableau de préparation

Volume à préparerBouillie bordelaise (1%)Soufre mouillable (préventif)Soufre mouillable (curatif)
1 litre10 g2 à 3 g3 à 4 g
5 litres50 g10 à 15 g15 à 20 g
10 litres100 g20 à 30 g30 à 40 g

Ces quantités constituent votre référence de base. Adaptez-les vers le bas pour les cultures sensibles, et utilisez les doses maximales uniquement en cas de forte pression fongique avérée.

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Saurez-vous éviter les erreurs classiques ?
3 questions · les pièges qui ruinent un traitement · réponses dans l’article
1 / 3
Question 1
Il fait 34 °C cet après-midi. Vous avez repéré les premiers signes d’oïdium sur vos courgettes. Que faites-vous ?
Vous traitez immédiatement au soufre mouillable — plus vite, mieux c’est
Vous attendez le soir ou le lendemain matin — le soufre est phytotoxique au-delà de 30-35 °C
Vous traitez uniquement à la bouillie bordelaise, plus tolérante à la chaleur
Question 2
Vous venez de traiter vos tomates. La météo annonce 8 mm de pluie dans 2 heures. Quel est l’impact ?
Aucun — la pluie aide les produits à pénétrer dans les feuilles
Impact limité — les produits ont eu le temps de s’accrocher
Le traitement est lessivé — il faudra retraiter après la pluie
Question 3
Vous avez préparé 12 litres de mélange mais vous n’en avez utilisé que 8. Que faites-vous des 4 litres restants ?
Vous les conservez hermétiquement dans le pulvérisateur pour le prochain traitement
Vous les versez dans un bidon étanche au frais — ça tient 48-72h
Vous les diluez davantage et les appliquez sur des zones non traitées — le mélange ne se conserve pas
0/3
bonnes réponses

Préparer le mélange : la méthode pas à pas

La préparation du mélange mérite autant d’attention que son application. Un mélange mal préparé, c’est des grumeaux qui bouchent le pulvérisateur, des dépôts irréguliers sur les feuilles et une efficacité diminuée.

Le matériel indispensable

Avant de commencer, réunissez :

  • Un pulvérisateur à basse pression (préférez un modèle dédié aux traitements fongicides, ne jamais utiliser un pulvérisateur ayant contenu des herbicides)
  • Un bac ou seau propre pour la préparation du mélange
  • Une balance de cuisine de précision (au gramme près, c’est important)
  • Des gants étanches, un masque FFP2 et des lunettes de protection
  • De l’eau à température ambiante (évitez l’eau très froide qui ralentit la dissolution)

Les étapes de préparation dans l’ordre

L’ordre d’incorporation des produits n’est pas anodin. Voici la séquence à respecter :

Étape 1. Remplissez votre bac avec la moitié du volume d’eau nécessaire. Par exemple, pour préparer 10 litres, commencez avec 5 litres.

Étape 2. Incorporez la bouillie bordelaise en premier, en agitant régulièrement pour éviter les grumeaux. La poudre doit se disperser uniformément avant d’ajouter quoi que ce soit d’autre.

Étape 3. Ajoutez le reste de l’eau en continuant d’agiter, puis incorporez le soufre mouillable progressivement. Le soufre mouillable se disperse généralement plus facilement que la bouillie bordelaise grâce à ses agents mouillants.

Étape 4. Agitez énergiquement pendant 2 à 3 minutes jusqu’à obtenir une suspension homogène d’aspect légèrement laiteux et bleuté.

Étape 5. Transvasez immédiatement dans votre pulvérisateur et utilisez dans les heures qui suivent. Ne préparez jamais plus de volume que ce que vous comptez utiliser dans la journée.

⚠️ Attention importante : ne stockez jamais le mélange prêt plus de 24 heures. La suspension se dégrade, les produits se séparent et l’efficacité chute. Si vous avez du surplus, diluez-le davantage et appliquez-le sur des zones non traitées plutôt que de le conserver.


L’application sur le terrain : les règles qui changent tout

Préparer correctement son mélange est une chose. L’appliquer au bon moment, dans les bonnes conditions, en est une autre.

Quand pulvériser ?

Le matin tôt ou en fin de journée sont les créneaux idéaux. Plusieurs raisons à cela :

  • Les températures sont plus fraîches, ce qui limite l’évaporation rapide des produits et leur phytotoxicité (surtout pour le soufre)
  • L’humidité de l’air est généralement plus élevée, ce qui favorise l’adhérence des produits sur les feuilles
  • Les abeilles et autres pollinisateurs sont moins actifs, ce qui réduit les risques de contact

Ne pulvérisez jamais en plein soleil de midi (risque de brûlure foliaire), par vent fort (dérive du produit), ni juste avant une pluie annoncée (lessivage immédiat et perte totale d’efficacité).

La règle pratique : si la pluie est prévue dans les 4 heures, reportez le traitement.

La technique de pulvérisation

Couvrez l’ensemble des faces foliaires, en insistant particulièrement sur la face inférieure des feuilles, là où les spores de mildiou et d’oïdium se développent préférentiellement. Une pulvérisation qui ne touche que le dessus des feuilles perd une grande partie de son efficacité.

Veillez à une couverture uniforme, sans excès. Le produit doit « briller » légèrement sur les feuilles sans former de gouttes qui ruissellent. Si vous voyez des coulées, vous surdosez ou vous pulvérisez de trop près.


Traitements par culture : adapter les doses et la fréquence

Tomates et pommes de terre

Ces deux solanacées sont parmi les plus sensibles au mildiou (Phytophthora infestans), particulièrement en période humide. Le traitement doit être préventif et régulier :

  • Commencez dès la transplantation ou la mise en place définitive
  • Appliquez à 1 % de cuivre et 3 g/L de soufre
  • Renouvelez tous les 7 à 10 jours en période humide, toutes les 2 semaines en période plus sèche
  • Arrêtez les traitements au moins 3 semaines avant la récolte

La vigne

La vigne demande un suivi particulièrement rigoureux car elle est exposée à la fois au mildiou (Plasmopara viticola) et à l’oïdium (Erysiphe necator), deux pathologies majeures. Le programme type :

  • 5 traitements par saison, du débourrement à la véraison
  • Concentration maximale de 0,6 % de cuivre (la vigne est sensible aux excès de cuivre)
  • Soufre à 2 à 3 g/L, en insistant après les pluies printanières
  • Espacer d’au moins 10 jours entre deux traitements

Les rosiers

Les rosiers cumulent souvent plusieurs problèmes simultanément : oïdium, taches noires (Diplocarpon rosae), rouille. Le mélange bouillie bordelaise-soufre les couvre tous ou presque :

  • 3 traitements préventifs par saison (début printemps, avant floraison, après floraison)
  • 0,8 % de cuivre et 2 g/L de soufre
  • Espacer de 15 jours minimum entre les applications

Les arbres fruitiers (pommiers, poiriers, cerisiers)

La tavelure du pommier et du poirier est la cible principale. Le cuivre est très efficace en préventif dès le gonflement des bourgeons :

  • Premier traitement au stade « bouton vert » (bourgeons qui s’ouvrent), avant que les feuilles ne soient complètement déployées
  • 1 % de cuivre, 2 à 3 g/L de soufre
  • Renouvelez après chaque épisode pluvieux significatif, jusqu’à la chute des pétales

Le potager en général

Pour un potager diversifié (courgettes, concombres, courges, haricots), une approche préventive légère suffit souvent :

  • 0,5 % de cuivre, 2 g/L de soufre
  • Traitement mensuel en conditions normales, bihebdomadaire si temps humide persistant
  • Attention particulière aux cucurbitacées, très sensibles à l’oïdium

Calendrier annuel de traitement : le planning à afficher dans votre abri de jardin

PériodeActionCultures prioritaires
Mars-AvrilPremier traitement préventif dès les plantationsTomates, arbres fruitiers, vigne
Mai-JuinTraitements bihebdomadaires si temps humideEnsemble du potager, vigne, rosiers
Juillet-AoûtTraitement toutes les 2 semaines, éviter les heures chaudesTomates, concombres, courgettes
SeptembreDernier passage avant arrêt de végétationVigne, arbres fruitiers

Précautions environnementales : le cuivre, un métal à manier avec respect

La bouillie bordelaise est autorisée en agriculture biologique, ce qui lui vaut parfois une réputation d' »inoffensive ». C’est un raccourci dangereux. Le cuivre s’accumule dans les sols et peut, à forte dose et sur le long terme, perturber la microfaune bénéfique et inhiber la germination.

L’Union européenne a d’ailleurs progressivement réduit les doses maximales autorisées, en limitant les apports à 4 kg de cuivre métal par hectare et par an en agriculture biologique (anciennement 6 kg). À l’échelle d’un jardin amateur, on est généralement très loin de ces seuils si l’on suit les dosages recommandés, mais la vigilance reste de mise.

Quelques gestes simples pour limiter l’impact :

  • Ne pulvérisez jamais à proximité de cours d’eau ou de mares : le cuivre est très toxique pour les organismes aquatiques
  • Évitez d’appliquer sur sol nu avant une pluie forte susceptible de provoquer un ruissellement
  • Alternez avec des fongicides naturels complémentaires (décoction de prêle, extrait de tanaisie, bicarbonate de sodium) pour espacer les applications de cuivre
  • Conservez toujours les emballages vides dans un sac fermé pour une élimination en déchetterie, jamais à la poubelle ordinaire

Les alternatives et compléments naturels

Pour limiter la charge chimique globale sur votre jardin, pensez à intégrer ces solutions en rotation ou en complément :

La décoction de prêle (riche en silice) renforce la résistance mécanique des tissus végétaux et a une action fongicide légère. Elle s’utilise en pulvérisation préventive toutes les 2 à 3 semaines.

Le bicarbonate de sodium (5 à 10 g/L) alcalinise la surface des feuilles, créant un milieu défavorable aux champignons. Efficace contre l’oïdium en complément du soufre, mais à utiliser avec parcimonie (peut perturber la cuticule foliaire à forte dose).

Les extraits d’ail ont une activité antifongique reconnue, particulièrement contre les rouilles et certaines formes de mildiou. À utiliser en pulvérisation foliaire hebdomadaire en prévention.

L’idéal est de construire un programme de traitement en rotation qui alterne produits minéraux et solutions végétales, en intervenant au bon moment plutôt qu’à haute dose.

Quiz – Qu’avez-vous retenu ? Bouillie bordelaise & soufre
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7 questions · les points clés du guide · résultat immédiat
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Question 1
La bouillie bordelaise agit principalement de façon…
Curative — elle élimine l’infection déjà installée dans les tissus
Préventive — elle empêche la germination des spores avant l’infection
Systémique — elle pénètre dans la sève et agit de l’intérieur
Question 2
Quel pathogène le soufre mouillable cible-t-il en priorité, là où la bouillie bordelaise est moins efficace ?
Le mildiou (Phytophthora infestans)
La tavelure du pommier
L’oïdium (feutrage blanc poudreux)
Question 3
Dans quel ordre doit-on incorporer les produits lors de la préparation du mélange ?
Soufre d’abord, puis bouillie bordelaise
Bouillie bordelaise en premier dans la moitié de l’eau, soufre ensuite
Les deux en même temps dans l’eau froide, en remuant vigoureusement
Question 4
Pourquoi ne faut-il jamais mélanger le soufre mouillable avec des huiles minérales ?
Le mélange provoque une phytotoxicité grave — brûlures sévères sur les feuilles
L’huile neutralise l’action du soufre, rendant le traitement inefficace
La combinaison est dangereuse pour le jardinier, pas pour les plantes
Question 5
Quelle est la limite d’apport de cuivre en agriculture biologique fixée par l’UE ?
10 kg de cuivre métal par hectare et par an
6 kg de cuivre métal par hectare et par an
4 kg de cuivre métal par hectare et par an
Question 6
Quelle face des feuilles faut-il particulièrement couvrir lors de la pulvérisation ?
La face supérieure — c’est là que se déposent les spores en tombant
La face inférieure — c’est là que mildiou et oïdium se développent préférentiellement
Les deux faces à égalité — pas de différence d’efficacité
Question 7
Quel délai avant récolte (DAR) faut-il respecter pour la bouillie bordelaise sur la plupart des cultures ?
24 à 48 heures après le dernier traitement
1 semaine minimum
3 semaines minimum avant la récolte
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FAQ — Bouillie bordelaise et soufre mouillable : vos questions

Peut-on appliquer le mélange sur toutes les plantes du jardin sans distinction ?

Non. Certaines plantes sont particulièrement sensibles au cuivre (les légumineuses comme les haricots et les pois notamment) ou au soufre à forte dose (les cucurbitacées par temps chaud). Testez toujours sur quelques feuilles 48 heures avant un traitement généralisé sur une nouvelle culture, et réduisez les doses aux minimums recommandés.

Le mélange est-il dangereux pour mes abeilles ?

Le cuivre présente une toxicité limitée pour les pollinisateurs à condition de ne jamais traiter une plante en fleurs et de pulvériser en fin de journée, quand les abeilles sont rentrées à la ruche. Le soufre mouillable est globalement peu toxique pour elles. Restez vigilant et évitez tout traitement sur floraison ouverte.

Mon mélange a formé des grumeaux dans le pulvérisateur. Que faire ?

Filtrez le mélange à travers un bas nylon ou une étamine fine avant de remplir le pulvérisateur. Les grumeaux de bouillie bordelaise bouchent facilement les buses et réduisent l’efficacité de la pulvérisation. À l’avenir, assurez-vous de bien dissoudre la bouillie bordelaise dans la première moitié d’eau avant d’ajouter le soufre.

Combien de temps le traitement reste-t-il efficace après application ?

En conditions sèches et sans pluie, le dépôt de cuivre et de soufre reste actif environ 10 à 14 jours. Une pluie de plus de 5 mm nécessite de renouveler le traitement. En période très humide ou après une forte pluie, raccourcissez l’intervalle à 7 jours.

Peut-on mélanger la bouillie bordelaise et le soufre avec d’autres produits de traitement ?

Soyez très prudent avec les mélanges. La bouillie bordelaise est incompatible avec de nombreux produits organophosphorés et certains insecticides. Le soufre ne doit jamais être mélangé avec des huiles minérales (risque de phytotoxicité grave). En cas de doute, traitez en deux passages séparés d’au moins 48 heures plutôt que de tout combiner dans un seul mélange.

La bouillie bordelaise peut-elle être utilisée jusqu’à la veille de la récolte ?

Non. Respectez toujours le délai avant récolte (DAR) indiqué sur l’étiquette du produit, généralement de 3 semaines pour la plupart des cultures. Ce délai permet la dégradation des résidus de surface et garantit que les fruits ou légumes récoltés ne présentent pas de dépôts visibles ou de taux résiduels supérieurs aux normes.


Traiter ses plantes avec la bouillie bordelaise et le soufre mouillable, c’est renouer avec une tradition agricole séculaire, ancrée dans l’observation fine des cycles végétaux et climatiques. Avec les bonnes doses, les bons moments et le bon matériel, vous protégez efficacement votre jardin tout en restant dans une démarche respectueuse. Et ça, ça n’a pas de prix.

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