Bouquet de fleurs séchées d'automne dans un intérieur lumineux

Fleurs séchées et branchages : composer une déco d’automne qui dure

Chaque année, le même basculement : les jours raccourcissent, les bouquets frais du marché tiennent trois jours et le salon paraît soudain un peu vide. C’est précisément le moment où les fleurs séchées et les branchages reprennent toute leur place. Contrairement à une composition fraîche, un bouquet séché ne réclame ni eau, ni lumière, ni entretien quotidien : il traverse la saison, puis souvent l’année entière, en gardant sa silhouette et ses teintes chaudes. L’automne est aussi la période où la nature offre le plus de matière exploitable, entre hortensias en fin de floraison, graminées montées en épis, branches de chêne ou d’érable, cynorhodons et fruits secs. Encore faut-il récolter au bon moment, sécher avec la bonne méthode et composer sans tomber dans le fagot poussiéreux relégué au fond d’une étagère.

Ce guide vous accompagne de la cueillette à la mise en scène. Vous y trouverez les espèces qui sèchent vraiment bien, la fenêtre de récolte qui conditionne le résultat final, les quatre techniques de séchage comparées en durée et en coût, les règles de proportion qui font la différence entre une composition élégante et un amas de tiges, puis l’entretien qui permet de tenir deux à trois ans sans décolorer. Un point réglementaire s’impose également : l’herbe de la pampa, star des intérieurs bohèmes depuis une dizaine d’années, est désormais interdite en France métropolitaine, et il vaut mieux le savoir avant d’en commander une brassée sur internet.

Composition de fleurs séchées dans un vase posé sur une table
Une composition séchée réussie joue sur les textures et les vides autant que sur les couleurs. — Photo : Min An / Pexels

Pourquoi les fleurs séchées s’imposent à l’automne

L’argument le plus immédiat est économique. Un bouquet frais renouvelé chaque semaine représente entre 15 et 25 euros, soit 700 à 1 200 euros sur une année. Une composition séchée achetée 40 euros et conservée deux ans revient à moins de 2 euros par mois, sans compter celles que vous réalisez vous-même à partir du jardin, dont le coût réel se limite au vase et à un peu de ficelle. L’argument écologique suit de près : pas de serre chauffée, pas de transport réfrigéré depuis les Pays-Bas, le Kenya ou l’Équateur, pas d’eau renouvelée tous les deux jours. Pour qui cherche à installer une décoration naturelle à la maison sans multiplier les achats, le séché coche à peu près toutes les cases.

Il y a enfin une raison purement esthétique, et c’est sans doute la plus décisive. Les couleurs de l’automne sont assourdies : ocre, terre de Sienne, lin, rouille, vert de gris. Ce sont exactement les teintes que prennent les végétaux en séchant, quelle que soit leur couleur d’origine. Un bouquet séché ne lutte pas contre la lumière rasante de novembre, il l’accompagne. Posé près d’une fenêtre orientée à l’ouest en fin de journée, un bouquet de graminées prend une texture presque graphique, chaque épi se détachant en contre-jour. C’est ce jeu de silhouettes, plus que l’éclat des couleurs, qui fait la réussite d’une composition sèche.

Quelles espèces sèchent vraiment bien

Toutes les fleurs ne se prêtent pas au séchage. La règle empirique tient en une phrase : plus une fleur contient d’eau dans ses pétales, plus elle a de chances de noircir ou de s’affaisser. Les pétales charnus des tulipes, des lys ou des gerberas donnent des résultats décevants, alors que les fleurs à texture papyracée conservent presque intactes leur forme et leur teinte. Les immortelles, dont le nom latin Helichrysum renvoie au soleil doré, en sont l’exemple parfait : leurs bractées rigides tiennent trois ans et plus sans se déformer. Les statices, les gypsophiles et les amarantes globuleuses appartiennent à la même famille de valeurs sûres, celles que les fleuristes sélectionnent depuis toujours pour leurs compositions pérennes.

Les fleurs du jardin et du balcon

L’hortensia est le champion incontesté de la saison, à condition de le cueillir tard. Tant que les pétales sont souples et colorés, ils fanent en séchant ; attendez qu’ils prennent cette texture légèrement cartonnée, entre fin août et octobre selon les régions, et ils se figeront dans des tons vert amande, rose poudré ou bordeaux. La lavande, récoltée juste avant l’ouverture complète des épillets, garde son parfum plusieurs mois. Les roses se sèchent en bouton à peine ouvert, jamais épanouies. Côté fruits décoratifs, l’automne offre les cynorhodons de l’églantier, les physalis orange vif, la monnaie-du-pape aux disques nacrés et les capsules de pavot, qui apportent tous du volume sans occuper de place dans le budget.

Les graminées et les feuillages

Ce sont eux qui donnent la structure. Le lagurus, ou queue-de-lièvre, l’avoine ornementale, le blé, le miscanthus et la stipa forment la charpente légère d’une composition bohème. Récoltez-les avant maturité complète des épis : une graminée cueillie trop tard perd ses graines une par une sur le parquet pendant tout l’hiver. Les feuillages, eux, demandent un traitement particulier. L’eucalyptus, le chêne, le hêtre et le magnolia deviennent cassants s’ils sèchent à l’air ; traités à la glycérine, ils restent souples et légèrement gras au toucher, avec une patine brun-vert très recherchée. Un bouquet de branchages de chêne glycériné dans un grand vase au sol tient facilement deux hivers.

Végétal Période de récolte Méthode conseillée Tenue moyenne
Hortensia Fin août à octobre, pétales parcheminés Air libre ou eau évaporée 2 à 3 ans
Immortelle (Helichrysum) Juin à septembre, bouton à peine ouvert Air libre, tête en bas 3 ans et plus
Statice (Limonium) Été, en plein épanouissement Air libre, tête en bas 3 ans et plus
Gypsophile Fleurs ouvertes aux trois quarts Air libre 2 ans
Lavande Avant ouverture complète des épillets Air libre, petits bouquets 2 ans (parfum 6 mois)
Rose Bouton à peine ouvert Gel de silice 2 ans
Lagurus, avoine, blé Avant maturité complète des épis Air libre, debout ou à plat 3 ans et plus
Eucalyptus Toute l’année Glycérine 1 à 2 ans
Chêne, hêtre, magnolia Septembre à octobre Glycérine 2 ans
Cynorhodon, physalis, monnaie-du-pape Septembre à octobre Air libre Plusieurs années
Repères de récolte et de séchage pour les végétaux les plus courants en France métropolitaine.

Récolter au bon moment : la fenêtre qui change tout

La qualité d’un bouquet séché se joue à quatre-vingts pour cent au moment de la coupe. Cueillez de préférence en milieu de matinée, une fois la rosée évaporée mais avant les grosses chaleurs : la plante est turgescente, ses tissus sont fermes, et l’humidité de surface qui favorise les moisissures a disparu. Évitez systématiquement les lendemains de pluie, car une tige gorgée d’eau met deux fois plus de temps à sécher et noircit souvent au niveau du collet. Coupez au sécateur bien affûté, en biais, avec une tige plus longue que nécessaire : vous raccourcirez au montage, jamais l’inverse. Retirez immédiatement les feuilles basses, qui pourrissent avant de sécher et communiquent leur humidité au reste du bouquet.

Le stade de floraison compte tout autant que la météo. La règle générale veut que l’on cueille un cran avant la pleine ouverture, parce que la fleur continue de s’épanouir légèrement pendant le séchage. Une rose cueillie épanouie perdra ses pétales au premier courant d’air ; cueillie en bouton coloré, elle se figera dans une forme compacte et solide. Les seules exceptions sont l’hortensia et les graminées, qu’il faut au contraire laisser mûrir sur pied jusqu’à ce que leur texture change. Un test simple : froissez délicatement un pétale d’hortensia entre deux doigts. S’il est souple et humide, patientez encore deux semaines. S’il craque légèrement comme du papier de soie, c’est le moment.

Les quatre méthodes de séchage comparées

Il n’existe pas de méthode universelle : chaque technique convient à une famille de végétaux et à un rendu précis. Le tableau ci-dessous résume les paramètres déterminants, mais le choix se fait surtout selon le résultat recherché : couleurs assourdies et tiges rigides d’un côté, teintes vives et volume préservé de l’autre.

Méthode Durée Coût indicatif Rendu Idéale pour
Air libre, tête en bas 10 à 21 jours (environ 2 semaines) Quasi nul Couleurs assourdies, tiges rigides Graminées, immortelles, statices, lavande, hortensias
Gel de silice 2 à 3 jours ; 7 jours pour les grosses fleurs 12 à 20 € le kilo, réutilisable Couleurs vives, volume conservé Roses, pivoines, dahlias, anémones
Glycérine (2 volumes d’eau tiède pour 1 de glycérine) 2 à 6 semaines 5 à 10 € les 250 ml Feuillage souple, jamais cassant, patine brun-vert Eucalyptus, chêne, hêtre, magnolia
Pressage (presse ou gros livre) 2 à 4 semaines Nul Plat, graphique, couleurs bien tenues Herbiers, cadres, sous-verre, papeterie
Comparatif des quatre techniques de séchage domestique, durées et coûts constatés en 2026.
Bouquets de fleurs suspendus tête en bas pour le séchage à l'air
Le séchage à l’air, tête en bas dans un local sombre et ventilé, reste la méthode de référence. — Photo : Nurefşan KOŞAR / Pexels

Le séchage à l’air, la méthode de référence

C’est la technique la plus ancienne et, pour quatre-vingt-dix pour cent des végétaux d’automne, la plus efficace. Formez de petits bouquets de cinq à huit tiges maximum, liés sans serrer avec une ficelle ou un élastique qui se resserrera au fur et à mesure que les tiges maigrissent. Suspendez-les tête en bas dans un endroit sombre, sec et ventilé : un grenier, un cellier, un dessous d’escalier, jamais une salle de bain ni une cuisine. L’obscurité est le paramètre le plus souvent négligé, or c’est elle qui préserve les pigments : la même lavande séchée dans le noir garde un violet profond, séchée près d’une fenêtre elle vire au beige grisâtre en dix jours. Comptez environ deux semaines, jusqu’à ce que la tige casse net au lieu de plier.

Le gel de silice pour les fleurs charnues

Le gel de silice absorbe l’humidité en profondeur, ce qui permet de sécher des fleurs qui ne supporteraient jamais l’air libre. Versez une couche de cristaux au fond d’une boîte hermétique, posez les fleurs tête en haut, puis ensevelissez-les délicatement à la petite cuillère en faisant pénétrer le gel entre chaque pétale. Fermez et patientez deux à trois jours pour une rose, jusqu’à sept pour une pivoine. Le résultat est spectaculaire : les couleurs restent quasi identiques à celles de la fleur fraîche. Bon point pour le budget, le gel se réactive indéfiniment en le passant au four à 120 °C jusqu’à ce qu’il retrouve sa couleur d’origine. Manipulez-le avec des gants et hors de portée des enfants.

La glycérine pour les feuillages

La glycérine ne sèche pas : elle remplace l’eau contenue dans les tissus, ce qui préserve la souplesse. Préparez un mélange de deux volumes d’eau tiède pour un volume de glycérine végétale, écrasez ou fendez le bas des tiges ligneuses sur trois centimètres pour faciliter l’absorption, et plongez-les dans dix centimètres de liquide. Comptez deux à six semaines selon l’épaisseur du bois. Vous saurez que l’opération est terminée quand des gouttelettes perlent à la surface des feuilles et que le feuillage a pris une teinte bronze uniforme. Suspendez alors les branches tête en bas quelques jours pour évacuer l’excédent, puis essuyez-les au chiffon doux.

Le pressage pour les compositions plates

Souvent oubliée, la presse florale reste imbattable pour tout ce qui finira encadré ou collé. Disposez les végétaux bien à plat entre deux feuilles de papier absorbant, glissez le tout dans un gros livre et chargez d’un poids supplémentaire. Changez le papier au bout de quarante-huit heures, puis toutes les semaines : c’est l’unique moyen d’éviter les taches brunes. Deux à quatre semaines plus tard, vous obtenez des feuilles et des pétales d’une finesse de calque, parfaits pour composer un herbier encadré. Trois cadres identiques alignés au-dessus d’une console valent tous les tableaux décoratifs du commerce, et rejoignent naturellement l’esprit d’une déco murale faite maison.

Un bouquet séché réussi ne cherche pas à imiter un bouquet frais. Il joue sur la texture, la silhouette et la lumière rasante, pas sur l’éclat des couleurs.

Herbe de la pampa : ce que dit la réglementation

Impossible d’évoquer la décoration séchée sans aborder le cas de l’herbe de la pampa, dont les plumeaux ivoire ont envahi les intérieurs depuis une dizaine d’années. Cortaderia selloana est classée espèce exotique envahissante et fait l’objet d’un arrêté ministériel du 2 mars 2023 qui en interdit, en France métropolitaine, l’introduction, la détention, l’usage, l’échange, le transport à l’état vivant et la commercialisation sous forme de plants. Les sanctions prévues par le code de l’environnement peuvent atteindre 150 000 euros d’amende et trois ans d’emprisonnement. La raison est concrète : un seul pied produit plusieurs millions de graines par an, qui colonisent friches, bords de route et milieux dunaires en étouffant la flore locale.

Concernant les panicules coupées et vendues en décoration, la situation est plus nuancée et évolue au fil des interprétations, mais un point fait consensus chez les gestionnaires d’espaces naturels : ces plumeaux contiennent des semences viables et ne doivent jamais rejoindre le compost domestique ni les déchets verts, car leur destruction exige des températures d’environ 80 °C que les plateformes de compostage ne garantissent pas. Si vous en possédez déjà, conservez-les à l’intérieur et jetez-les en fin de vie avec les ordures ménagères, dans un sac fermé. Pour les nouvelles compositions, mieux vaut se tourner vers des alternatives locales tout aussi graphiques.

  • Le miscanthus : port élancé, épis argentés, très proche visuellement de la pampa.
  • La massette (typha) : silhouette verticale, épis brun velouté, spectaculaire en grand vase.
  • Le lagurus : petits pompons duveteux, idéal pour adoucir une composition rigide.
  • La stipa et l’avoine ornementale : légèreté et mouvement, superbes en contre-jour.
  • Les tiges de blé, d’orge ou de seigle : dorées, régulières, très bon marché en botte.

Rappelons aussi que la cueillette dans la nature n’est pas libre partout. Sur terrain privé, l’autorisation du propriétaire est nécessaire ; dans les espaces protégés, réserves et sites Natura 2000, elle est le plus souvent interdite ou strictement encadrée ; enfin, de nombreuses espèces bénéficient d’une protection nationale ou régionale qui proscrit tout prélèvement. En cas de doute, un appel à la mairie ou une consultation de l’arrêté préfectoral en vigueur évite bien des ennuis. La règle de bon sens reste de prélever peu, jamais la totalité d’une station, et de privilégier les espèces communes et abondantes.

Composer : les règles de proportion qui changent tout

Une composition séchée ratée l’est presque toujours pour la même raison : tout est à la même hauteur et à la même densité. Les fleuristes travaillent en trois strates successives. La première, la structure, se compose des éléments les plus hauts et les plus rigides : branchages, massettes, grandes graminées. La deuxième, la masse, occupe le cœur du bouquet avec les fleurs volumineuses et opaques : hortensias, immortelles, chardons. La troisième, la légèreté, vient en dernier pour casser la rigueur de l’ensemble : gypsophile, lagurus, brins d’avoine qui dépassent légèrement. Chaque strate doit rester identifiable de loin, sinon l’œil ne lit qu’une masse uniforme.

La question de la hauteur se règle par un rapport simple : le bouquet doit mesurer environ une fois et demie à deux fois la hauteur du vase. En dessous, il paraît tassé ; au-dessus, il bascule au moindre choc. Travaillez toujours en nombre impair de variétés, trois, cinq ou sept, car l’œil humain perçoit les groupes impairs comme plus naturels. Limitez enfin la palette à trois teintes dominantes, plus une couleur d’accent en petite quantité : une seule tache de bordeaux ou d’orange brûlé dans un camaïeu de lin et de vert de gris suffit à donner du relief. Au-delà, la composition devient bavarde.

Le conseil de la rédaction

Ne montez jamais votre bouquet directement dans le vase définitif. Posez d’abord toutes vos tiges à plat sur une table, triées par strate, puis assemblez-les dans la main en tournant le bouquet d’un quart de tour à chaque nouvelle tige : c’est ce geste, et lui seul, qui crée la spirale et donc le volume rond des compositions de fleuriste. Liez ensuite à la ficelle de lin au point de serrage, coupez toutes les tiges d’un coup à la bonne longueur, et seulement alors installez dans le vase. Comptez dix minutes, contre trois pour un bouquet planté tige par tige, mais le résultat n’a rien à voir.

Où les installer, pièce par pièce

Le séché supporte des emplacements interdits aux fleurs fraîches, puisqu’il n’a besoin ni d’eau ni de lumière. Cela ouvre des possibilités intéressantes dans les zones de circulation, les couloirs sombres ou les paliers d’escalier, où rien de vivant ne tient. La contrainte est inverse : il faut fuir l’humidité et le soleil direct. Une hygrométrie supérieure à 60 % ramollit les tiges et favorise les moisissures, ce qui exclut la salle de bain, la buanderie et l’immédiate proximité des plaques de cuisson. Quant à une baie vitrée plein sud, elle décolore un bouquet en trois à six mois.

  • L’entrée : une composition étroite et verticale sur une console, dans un vase lourd à col resserré qui ne bascule pas au passage.
  • Le salon : un grand vase posé au sol avec des branchages de 1,10 à 1,30 m, dans un angle mort près du canapé, là où aucun meuble ne trouve sa place.
  • La chambre : des compositions basses sur la table de chevet, ou une couronne séchée accrochée au mur, plus douce qu’un cadre.
  • La cuisine : de petits bouquets suspendus à une tringle, à bonne distance des vapeurs, en associant lavande, laurier et origan monté en fleurs.
  • Le bureau et le couloir : des tiges seules dans des soliflores alignés, la solution la plus économique et la plus graphique pour exploiter les murs en hauteur sans encombrer.
Branchages et graminées séchées dans un grand vase d'intérieur
Branchages et graminées donnent la structure verticale d’une décoration d’automne. — Photo : https://kaboompics.com/ / Pexels

Pensez enfin à l’éclairage, qui transforme radicalement le rendu d’une composition sèche. Une lampe posée au sol derrière un grand bouquet de graminées projette des ombres découpées au plafond et crée, le soir venu, une atmosphère bien plus enveloppante qu’un plafonnier. C’est le même principe que celui détaillé dans notre article sur l’éclairage d’automne pour réchauffer son intérieur : multiplier les sources basses plutôt que d’écraser la pièce sous une lumière zénithale. Une ampoule à température chaude, autour de 2 400 à 2 700 kelvins, met particulièrement en valeur les ocres et les rouilles.

Entretenir : la poussière, la lumière et l’humidité

Trois ennemis, trois réponses simples. La poussière, d’abord, s’accumule dans les corolles et ternit l’ensemble en quelques semaines. Le meilleur outil reste le sèche-cheveux réglé sur air froid et vitesse minimale, tenu à une trentaine de centimètres : il déloge la poussière sans casser les tiges. Un pinceau doux de maquillage fait le même travail sur les fleurs fragiles. Évitez absolument le chiffon humide et l’aspirateur, même à faible puissance. Une passe mensuelle suffit à maintenir un bouquet net pendant des années, ce qui reste bien moins contraignant que le renouvellement hebdomadaire d’un bouquet frais.

La lumière directe, ensuite, est le facteur numéro un de décoloration. Un bouquet placé derrière une fenêtre orientée au sud perd l’essentiel de ses pigments en un semestre, alors que le même bouquet installé à deux mètres de la même fenêtre, hors du rayonnement direct, tient deux à trois ans. L’humidité, enfin, se combat par le placement mais aussi par un geste correctif : si vos graminées commencent à perdre leurs graines, vaporisez une laque à cheveux très légère à trente centimètres, en deux passages fins. N’arrosez jamais, ne vaporisez jamais d’eau, et retirez sans hésiter toute tige qui présente un duvet blanchâtre ou une odeur de moisi.

Un dernier point de sécurité mérite d’être rappelé, car il est rarement mentionné : des végétaux complètement déshydratés sont très inflammables. Ne posez jamais une composition séchée à proximité immédiate de bougies allumées, d’un insert ouvert, d’un radiateur soufflant ou d’une guirlande lumineuse ancienne dont les ampoules chauffent. La même prudence vaut pour les couronnes accrochées au-dessus d’une cheminée en fonctionnement. Les personnes sensibles aux pollens peuvent également réagir aux résidus contenus dans certaines fleurs séchées, en particulier les graminées et les astéracées : mieux vaut alors les éviter dans la chambre.

Faire soi-même ou acheter : le vrai coût

Un bouquet séché de taille moyenne se négocie entre 25 et 60 euros chez un fleuriste ou une boutique en ligne spécialisée, et une grande composition destinée à un vase de sol grimpe couramment entre 60 et 120 euros. Le même résultat obtenu à partir d’un jardin, d’un balcon ou d’une simple botte de blé achetée en jardinerie coûte une fraction de cette somme. L’investissement initial se limite à un bon sécateur, entre 12 et 25 euros, éventuellement un kilo de gel de silice à 12 ou 20 euros, réutilisable pendant des années, et un flacon de glycérine végétale autour de 5 à 8 euros. Le poste le plus lourd reste souvent le vase, de 10 à 30 euros pour un modèle simple, davantage pour une pièce en céramique artisanale.

La stratégie la plus efficace consiste à mélanger les deux approches. Achetez une ou deux bottes de qualité pour la structure, par exemple des tiges de miscanthus ou d’eucalyptus glycériné, puis complétez avec ce que vous récoltez gratuitement : hortensias du jardin, branches ramassées lors d’une promenade, épis de blé glanés en bord de champ après moisson, avec l’accord de l’exploitant. Vous obtenez alors une composition personnelle pour 20 à 30 euros, là où son équivalent acheté en coûterait le triple, et vous variez les compositions au fil des saisons sans repasser à la caisse, dans le prolongement des idées déco d’automne les plus abordables.

Les erreurs qui gâchent une composition

La première, et de loin la plus fréquente, consiste à vouloir tout garder. Un bouquet séché dense au point qu’aucune lumière ne passe entre les tiges perd tout son intérêt : c’est le vide entre les éléments qui donne à lire les silhouettes. Retirez un tiers de ce que vous aviez prévu, vous verrez la composition respirer immédiatement. La deuxième erreur est la surenchère de couleurs teintes : les bottes rose fluo, bleu électrique ou dorées à la bombe vieillissent très mal et jurent avec les matières naturelles d’un intérieur. Préférez le non traité, quitte à accepter une palette plus sourde. La troisième consiste à conserver indéfiniment un bouquet devenu gris et cassant, alors qu’il a fait son temps.

Autre travers courant : multiplier les petites compositions éparpillées sur tous les meubles. Trois bouquets moyens dispersés dans un salon produisent un effet de désordre, là où une seule composition généreuse, bien placée, structure la pièce. Le principe vaut aussi pour le contenant : un vase transparent laisse voir les tiges nues et le point de liage, ce qui casse l’illusion. Choisissez de préférence un vase opaque, en grès, en terre cuite ou en verre fumé, dont le col resserré maintient les tiges groupées. Enfin, pensez à tourner le bouquet d’un quart de tour tous les mois : la face exposée à la lumière se décolore plus vite que l’autre, et cette simple rotation équilibre l’ensemble.

Questions fréquentes

Combien de temps durent des fleurs séchées ?

Comptez deux à trois ans pour la majorité des compositions, et jusqu’à cinq ans pour les immortelles, les statices et les graminées placées dans une pièce peu lumineuse et sèche. La durée réelle dépend beaucoup plus de l’emplacement que de l’espèce : plein soleil et humidité divisent la longévité par trois ou quatre.

Peut-on sécher un bouquet acheté chez le fleuriste ?

Oui, à condition de s’y prendre dès le retour à la maison, tant que les fleurs sont encore fermes. Un bouquet déjà fané depuis une semaine ne donnera jamais un bon résultat. Retirez le feuillage bas, formez de petits bouquets de cinq tiges et suspendez-les tête en bas dans le noir. Les roses, les œillets et l’eucalyptus s’y prêtent très bien ; les tulipes et les lys, beaucoup moins.

Les fleurs séchées attirent-elles les acariens ?

Elles n’attirent pas particulièrement les acariens, qui ont besoin d’humidité pour proliférer, mais elles retiennent la poussière dans les corolles. Un dépoussiérage mensuel au sèche-cheveux air froid règle la question. En cas d’allergie respiratoire avérée, évitez simplement d’en installer dans la chambre à coucher.

Que faire d’un bouquet arrivé en fin de vie ?

La grande majorité des végétaux séchés non traités rejoignent sans problème le compost ou les déchets verts. Deux exceptions : les fleurs teintes ou laquées, à jeter avec les ordures ménagères, et les panicules d’herbe de la pampa, qui ne doivent jamais être compostées en raison des semences qu’elles contiennent.

Faut-il vaporiser de la laque sur toutes les fleurs séchées ?

Non, c’est inutile dans la plupart des cas et cela ternit légèrement les matières mates. Réservez ce geste aux graminées qui perdent leurs graines et aux capsules de pavot, en deux passages très fins à trente centimètres de distance, dans une pièce aérée.

En résumé

Composer une décoration d’automne avec des fleurs séchées et des branchages demande peu de moyens, un peu de méthode et surtout du timing. Récoltez en milieu de matinée, un cran avant la pleine floraison, séchez à l’air dans le noir pour la grande majorité des végétaux, réservez le gel de silice aux fleurs charnues et la glycérine aux feuillages. Montez ensuite en trois strates, en nombre impair de variétés et sur une hauteur d’une fois et demie à deux fois celle du vase. Placez loin du soleil direct et de l’humidité, dépoussiérez une fois par mois, et votre composition traversera deux à trois saisons sans faiblir.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel qualifié. Pour toute question relative à la cueillette d’espèces sauvages, à la réglementation sur les espèces exotiques envahissantes ou à l’élimination de déchets végétaux réglementés, rapprochez-vous de votre mairie, de la direction régionale de l’environnement compétente ou d’un fleuriste et d’un pépiniériste professionnels, qui vous renseigneront sur les règles applicables dans votre commune.

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