Quand les premières chaleurs s’installent, la terrasse devient vite un four dès le milieu de matinée. Installer un store banne soi-même reste l’une des solutions les plus efficaces pour retrouver de l’ombre à la demande, protéger le mobilier de jardin et gagner plusieurs degrés à l’intérieur en filtrant le soleil qui frappe les baies vitrées. Contrairement à un parasol qu’il faut sans cesse déplacer, la banne se déploie sur toute la largeur de la façade et se replie en quelques secondes dès que le vent forcit ou que la nuit tombe.
La bonne nouvelle, c’est que la pose d’un store banne est à la portée d’un bricoleur méthodique, à condition de respecter quelques règles de sécurité et de bien choisir sa fixation. Un store de trois à quatre mètres pèse facilement 40 à 70 kg et subit, une fois déployé, des efforts d’arrachement considérables sous l’effet du vent. Autrement dit, tout se joue sur la qualité de l’ancrage dans le mur. Ce guide vous accompagne pas à pas : du choix du modèle à la déclaration préalable en mairie, en passant par le perçage, la fixation selon la nature du mur et les réglages finaux.

Pourquoi installer un store banne sur sa terrasse
Le store banne coche plusieurs cases que peu d’équipements réunissent. D’abord le confort thermique : en interceptant le rayonnement solaire avant qu’il n’atteigne la vitre, il limite l’effet de serre et peut faire baisser la température d’une pièce de plusieurs degrés, un atout précieux pour compléter une protection solaire déjà assurée par les volets. Ensuite la modularité : replié, il disparaît dans son coffre et laisse passer la lumière l’hiver ; déployé, il crée un espace de vie ombragé où l’on déjeune sans lunettes de soleil.
Sur le plan patrimonial, une terrasse aménagée et protégée valorise le logement et prolonge la durée de vie du mobilier d’extérieur, souvent malmené par les ultraviolets. Le store banne se décline aujourd’hui en version manuelle, avec une simple manivelle, ou motorisée, pilotée par télécommande voire par une application. La motorisation, longtemps réservée au haut de gamme, s’est largement démocratisée et s’accompagne fréquemment de capteurs de vent et de soleil qui automatisent le repli. Reste que ce confort a un prix, et que le choix du modèle mérite réflexion avant de percer le moindre trou.
Bien choisir son store banne avant la pose
Trois paramètres commandent l’achat : les dimensions, le type de toile et le niveau de motorisation. La largeur doit couvrir la zone à ombrager sans dépasser les limites de la façade porteuse ; l’avancée, elle, détermine la profondeur d’ombre projetée, généralement de 2 à 4 mètres. Plus l’avancée est grande, plus les bras exercent un bras de levier important sur les supports muraux : un point à garder en tête au moment de dimensionner la fixation.
La toile constitue le cœur du produit. Les toiles acryliques teintées dans la masse résistent bien à la décoloration et conservent leur couleur une dizaine d’années, tandis que les toiles polyester micro-perforées privilégient la résistance mécanique. Enfin, la résistance au vent, encadrée par la norme NF EN 13561, classe les stores d’extérieur de la classe 1 à la classe 3. Ce critère est déterminant si votre terrasse est exposée. Le tableau ci-dessous résume ces classes.
| Classe (NF EN 13561) | Vent supporté (store déployé) | Équivalence Beaufort | Usage conseillé |
|---|---|---|---|
| Classe 1 | Jusqu’à ~28 km/h | Force 4 (vent faible) | Terrasse abritée, zone peu ventée |
| Classe 2 | Jusqu’à ~38 km/h | Force 5 (vent modéré) | Usage résidentiel courant |
| Classe 3 | Jusqu’à ~49 km/h | Force 6 (vent frais) | Région ventée, bord de mer |
Ces valeurs correspondent au store déployé : au-delà, il faut impérativement le replier pour éviter tout dommage. La norme impose par ailleurs une inclinaison minimale de 14°, soit une pente d’environ 25 %, afin que l’eau de pluie s’évacue et ne stagne pas sur la toile. Choisir une classe supérieure à ses besoins immédiats reste une sécurité peu coûteuse, surtout si l’on ne prévoit pas de capteur de vent automatique.

Réglementation : déclaration préalable et accord de copropriété
Poser un store banne modifie l’aspect extérieur d’un bâtiment, ce qui fait entrer l’opération dans le champ du code de l’urbanisme. Dans la majorité des cas, une déclaration préalable de travaux est nécessaire, à déposer en mairie à l’aide du formulaire Cerfa dédié. Cette formalité devient quasi systématique dès lors que le logement se situe dans le périmètre d’un monument historique, dans une zone protégée ou lorsque le règlement local d’urbanisme encadre les couleurs et matériaux de façade. Mieux vaut se renseigner au service urbanisme de sa commune avant d’acheter le store, car la teinte de la toile peut y être réglementée.
En copropriété, la façade est une partie commune : percer pour y fixer un store nécessite l’accord de la copropriété, généralement voté en assemblée générale, et l’obtention d’un accord écrit du syndic. Se passer de cette étape expose à devoir déposer l’installation à ses frais. La démarche paraît lourde, mais elle protège le propriétaire : un store validé en AG ne pourra pas être contesté ultérieurement. Comme pour l’installation d’un garde-corps de balcon soumis à des normes précises, la conformité administrative fait partie intégrante du chantier et se prépare en amont.
Un store banne n’est pas un simple accessoire de confort : c’est une charge lourde suspendue au-dessus d’un espace de vie. La qualité de l’ancrage prime toujours sur l’esthétique.
Le matériel et l’outillage nécessaires
Avant de démarrer, rassemblez tout le nécessaire pour ne pas interrompre la pose une fois le store présenté contre le mur. Une installation soignée réclame un outillage adapté au perçage dans la maçonnerie et, idéalement, une seconde personne pour tenir la charge pendant la fixation.
- Un perforateur avec forets à béton adaptés au diamètre des chevilles (souvent 12 à 14 mm) ;
- Des fixations dimensionnées : chevilles à expansion métalliques M10 minimum pour le béton plein, ou kit de scellement chimique pour les supports creux ;
- Un niveau à bulle de bonne longueur, ou un niveau laser, pour aligner parfaitement les supports ;
- Un mètre, un crayon de maçon et un cordeau pour tracer les points de perçage ;
- Une clé dynamométrique ou une bonne clé à cliquet pour serrer les tiges au couple ;
- Un escabeau stable ou un échafaudage roulant, jamais une chaise de cuisine ;
- Des lunettes de protection et des gants, le perçage de béton projetant beaucoup de poussière.
Prévoyez également un aspirateur pour nettoyer les trous avant la pose des chevilles chimiques : une poussière résiduelle réduit fortement l’adhérence de la résine. Ce souci du détail, on le retrouve dans tous les chantiers de fixation en façade, à l’image de la pose de gouttières en aluminium où l’alignement et la tenue des supports conditionnent le résultat final.
Poser un store banne étape par étape
La pose se déroule en une demi-journée pour un bricoleur confirmé, soit environ quatre à six heures selon la nature du mur. La règle d’or : ne jamais travailler seul avec une banne de plus de trois mètres, car la barre de charge est lourde et encombrante. Voici le déroulé logique, du repérage au déploiement.
| Étape | Opération | Point de vigilance |
|---|---|---|
| 1 | Définir la hauteur de pose | Prévoir au moins 2,20 m de passage sous la barre de charge, côté avancée |
| 2 | Tracer l’axe horizontal et les supports | Contrôler le niveau ; répartir les platines selon la notice |
| 3 | Percer et poser les fixations | Adapter cheville et profondeur au type de mur |
| 4 | Fixer les supports et présenter le store | Deux personnes minimum ; serrer au couple préconisé |
| 5 | Régler l’inclinaison et les fins de course | Respecter la pente minimale de 14° |
Commencez par matérialiser la ligne de pose au cordeau, puis positionnez les supports muraux en respectant scrupuleusement les entraxes indiqués par le fabricant : ce sont eux qui répartissent la charge. Percez ensuite chaque point, dépoussiérez, posez les fixations, puis vissez les supports sans les bloquer totalement. Présentez le store à deux, engagez le tube de fixation dans les supports, verrouillez-le, et seulement alors serrez l’ensemble au couple. Terminez par un déploiement d’essai à mi-course pour vérifier qu’aucun bras ne force et que la toile se tend uniformément.

La fixation selon le type de mur
C’est l’étape qui distingue une pose durable d’un accident annoncé. Un store correctement chevillé dans du béton plein tiendra des années ; le même store fixé à la va-vite dans une brique creuse peut s’arracher au premier coup de vent, entraînant un morceau de façade avec lui. La nature du support commande donc entièrement le choix des fixations.
Sur un mur en béton plein ou en pierre massive, des chevilles à expansion métalliques de qualité, correctement dimensionnées, suffisent : elles se déploient dans le matériau et offrent une excellente résistance à l’arrachement. Sur un mur creux — brique creuse, parpaing creux, béton cellulaire — l’expansion classique ne trouve pas de matière pour s’ancrer et devient dangereuse. Il faut alors recourir à un scellement chimique avec tamis : la résine injectée enrobe la tige filetée et se répartit dans les alvéoles, créant un ancrage solide. L’injection doit se faire sans interruption pour éviter les bulles d’air, puis la tige est insérée d’un mouvement de rotation lent pour bien répartir le produit sur tous les filets. En cas de doute sur la composition du mur, ou pour une banne de grande largeur, l’ajout de platines de renfort réparties sur une plus grande surface reste la solution la plus sûre.
| Type de mur | Fixation recommandée | Remarque |
|---|---|---|
| Béton plein / pierre massive | Chevilles à expansion métalliques M10-M12 | Solution simple et fiable |
| Brique ou parpaing creux | Scellement chimique + tamis | Injection continue, tige vissée lentement |
| Béton cellulaire | Chevilles spécifiques + platine de répartition | Faire vérifier par un pro si doute |
| Isolation par l’extérieur (ITE) | Système traversant vers le mur porteur | Ne jamais fixer dans l’isolant seul |
Un mot sur l’isolation thermique par l’extérieur, de plus en plus répandue : on ne fixe jamais un store dans l’isolant. Il faut un système de fixation traversant qui vient reprendre les efforts sur le mur porteur, sous peine de voir la banne s’affaisser. Dans ce cas précis, l’intervention d’un professionnel qualifié est vivement recommandée, car une erreur compromet à la fois la tenue du store et l’étanchéité de l’isolation.
Réglages : inclinaison, fins de course et capteurs
Une fois le store fixé, les réglages font toute la différence entre un équipement agréable et une source d’agacement. L’inclinaison se règle au niveau des bras : on cherche une pente d’au moins 14° pour l’évacuation de l’eau, quitte à l’augmenter si le soleil est bas en fin de journée. Sur un modèle motorisé, il faut ensuite ajuster les fins de course, c’est-à-dire les positions extrêmes de déploiement et de repli, pour que le moteur s’arrête pile au bon endroit sans forcer sur la toile ni sur le mécanisme.
Les capteurs, enfin, apportent une vraie tranquillité d’esprit. Un capteur de vent replie automatiquement la banne dès que le seuil réglé est dépassé, une protection indispensable si l’on s’absente souvent. Un capteur de soleil, lui, déploie le store aux heures les plus chaudes pour protéger l’intérieur même en votre absence. La logique de motorisation et de réglages fins n’est pas sans rappeler celle d’autres automatismes extérieurs, comme lorsqu’on décide de motoriser un portail existant : la mécanique doit être irréprochable avant d’ajouter l’électronique.
Le conseil de la rédaction. Ne cédez jamais à la tentation de sous-dimensionner la fixation pour gagner du temps. Sur une banne de 4 mètres déployée, un coup de vent génère des efforts d’arrachement qui se comptent en centaines de kilos. Investissez dans des chevilles ou un scellement de qualité, respectez les couples de serrage de la notice, et testez la tenue en tirant fermement sur les supports avant d’accrocher le store. Si le mur vous semble douteux, faites intervenir un installateur : le surcoût est dérisoire face au risque d’une chute.
Entretien et durée de vie
Un store banne bien posé et bien entretenu dure généralement de quinze à vingt ans. L’entretien tient en quelques gestes simples. La toile se nettoie une à deux fois par an à l’eau tiède savonneuse et à la brosse douce, toujours store déployé et sec, pour éviter les taches et les moisissures. On la laisse sécher complètement avant de la replier : enrouler une toile humide favorise les auréoles et le développement de champignons. Les bras et le mécanisme apprécient un léger graissage annuel des articulations, tandis qu’un contrôle visuel des fixations, une fois par an, permet de repérer à temps un support qui aurait pris du jeu.
Côté budget, comptez selon les modèles et les dimensions une fourchette large, de quelques centaines d’euros pour un store manuel d’entrée de gamme à plusieurs milliers pour une banne motorisée haut de gamme avec coffre intégral et capteurs. La pose par un professionnel s’ajoute à ce montant, mais elle se justifie pleinement pour les grandes largeurs, les murs délicats ou les installations en hauteur. Faire soi-même reste tout à fait envisageable pour une banne de moins de quatre mètres sur un mur en béton plein, à condition d’être un bricoleur confirmé et bien équipé.
Questions fréquentes
Peut-on vraiment installer un store banne soi-même ?
Oui, pour un bricoleur confirmé, un store de moins de quatre mètres sur une façade en béton plein. Au-delà, ou sur un mur creux, le poids et les efforts d’arrachement rendent l’intervention d’un professionnel plus prudente. La difficulté ne vient pas du montage mais de la fixation, qui doit être irréprochable.
Faut-il une autorisation pour poser un store banne ?
Dans la plupart des cas, une déclaration préalable de travaux en mairie est nécessaire car le store modifie l’aspect de la façade. En copropriété, il faut en plus l’accord de l’assemblée générale et du syndic. Renseignez-vous auprès du service urbanisme avant l’achat, notamment pour la couleur de la toile.
Quelle classe de résistance au vent choisir ?
La classe 2 convient à un usage résidentiel courant. En région ventée ou en bord de mer, privilégiez la classe 3. Dans tous les cas, ces valeurs concernent le store déployé : au-delà du seuil, repliez-le, idéalement grâce à un capteur de vent automatique.
Comment fixer un store sur un mur en brique creuse ?
Les chevilles à expansion classiques sont proscrites : utilisez un scellement chimique avec tamis, en injectant la résine sans interruption puis en vissant lentement la tige filetée. Pour une grande largeur, ajoutez des platines de renfort réparties sur la surface. En cas de doute, faites vérifier le support par un professionnel.
Store banne, parasol déporté ou pergola : que choisir ?
Le parasol déporté séduit par sa mobilité et son prix, mais il protège une surface limitée et se range à chaque coup de vent. La pergola bioclimatique offre une structure fixe et modulable, plus ambitieuse et plus coûteuse. Le store banne se situe entre les deux : il couvre toute une façade, se replie en un geste et disparaît hors saison. Pour une terrasse accolée à la maison et un budget maîtrisé, il reste souvent le meilleur compromis entre ombre, discrétion et durabilité.
Combien de temps faut-il pour poser un store banne ?
Comptez quatre à six heures pour un bricoleur confirmé et bien équipé, à condition de travailler à deux. Le perçage et la fixation représentent l’essentiel du temps de travail, surtout sur un mur creux nécessitant un scellement chimique dont la résine doit polymériser avant la mise en charge. Ne précipitez jamais cette phase de séchage : c’est elle qui garantit la tenue de l’ancrage.
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel qualifié. Toute intervention en hauteur, tout perçage de façade et toute fixation d’une charge lourde comportent des risques : en cas de doute sur la nature de votre mur, sur les règles d’urbanisme applicables ou sur la sécurité de la pose, faites appel à un installateur ou à un artisan compétent.
Styliste d’intérieur de formation, Claire décrypte les tendances déco et imagine des solutions d’aménagement adaptées à tous les espaces. Sur Au dricdecock, elle propose des idées créatives, des inspirations durables et des astuces simples pour sublimer chaque pièce de la maison, du studio urbain au jardin zen.
